Rendez-vous calins, au soleil!

Sea, sex and sun! L'été est là et bien là! Pour émoustiller vos sens et vous prélasser tendrement au soleil, je vous propose avec mon partenaire préféré, la boutique Sexy Avenue, un petit choix de livres pour laisser libre court  à votre imagination érotique et sensuelle...

Emportez dans votre valise...

Spicileges Les spicilèges amoureux de Mr Ploton où on trouve un inventaire hétéroclite d’observations, de statistiques et de documents variés sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la chose sans oser le demander. Un bric à brac amoureux et des petites miscellanées érotiques savoureuses qui feront d'ailleurs l'objet d'une chronique de ma part pour le Magazine des Livres de Juillet/Aout 2008 qui sortira bientôt en kiosque...

Cahier_vacances_erotiques_2Sur la plage, ne bronzez pas idiot, avec le Cahiers de Vacances Erotiques qui testera, à travers des exercices, vos connaissances en matière de littérature érotique, d'anatomie, d'histoire ou de sciences. Un cahier de devoirs de vacances strictement réservé aux adultes pour des heures récréatives à deux à l'ombre ou au soleil!

                   Osez_sextoys                              

Pour les curieux et les audacieux,  Osez les sextoys! Dans ce livre de la collection de La Musardine, Ovidie, spécialiste en la matière, répond à vos questions et présente une cinquantaine d'objets, en détaillant leur mode d'emploi, leurs avantages et leurs inconvénients, dessin à l'appui.

Canard_vibrantAprès cette lecture, peut-être auriez vous envie de tester le célébrissime petit canard jaune vibrant et waterproof pour batifoler dans la piscine ou dans la mer!

Bonnes Vacances à Tous!

Article sponsorisé

Bénissons la pipe! # Chronique 19

Sujet mille fois commenté, il fallait trouver un angle d’accroche original pour parler de la fellation. « La fellation comme idéal dans les rapports amoureux » semble donc un programme alléchant, à « déguster sans modération », proposé par le cinéphile et érotomane Gerard Lenne. En ouvrant le livre, on espère que le propos sortira des sentiers mille fois rabattus du guide de la pipe, à l’adresse de la gente féminine.

En effet, en s’appuyant sur quelques références littéraires et sa grande culture cinématographique, l’auteur montre que cette pratique sexuelle s’est banalisée, popularisée par le cinéma dès la révolution sexuelle des années 70. Nous avons alors de savoureux passages sur l’évolution de la fellation à l’écran: de la sortie du champs par le bas (subterfuge du cinéaste pour suggérer une pipe alors que la femme se glisse vers le bas du corps de son amant, jusqu’à disparaître) jusqu’à celle de Kerry Fox dans Intimité de Patrice Chereau, en passant par les fellatrices légendaires.

Fellation Mais il constate que la fellation soulève encore de nos jours de nombreuses réticences et qu’elle est encore sous le joug d’une répression morale, religieuse, puritaine, féministe. Puis nous en venons au cœur du « blocage » : « L’envie de sucer ne fait pas l’unanimité dans la population féminine » ; « Le fait est qu’elle constitue le plaisir suprême pour l’homme, mais pas pour la femme ». D’où découle quelques remarques intéressantes : on est fellatrice par stratégie (pour des raisons contraceptives et préserver la virginité) ou par utilité (pour préparer le coït), conclusion la fellation n’est qu’une pratique sexuelle secondaire ou « un amusement collatéral ». Or, la fellation est « le nec plus ultra du plaisir sexuel », et parce qu’elle l’est, l’auteur, passionné de son sujet, la défend et veut la « réhabiliter comme acte d’amour à part entière », « une fin en soi » et « un plaisir partagé ».

Son propos s’adresse alors bien aux femmes, aux hésitantes, aux mal informées ou aux fellatrices maladroites. Il veut absolument nous convaincre à travers moult conseils et un petit téléguidage pratique, des bienfaits que procurent la fellation, surtout pour l’homme. Dommage que le livre se termine sur le sentiment que les femmes (ou en tout cas certaines) ne sont pas vouées à sa cause et sont de piètres fellatrices. Ce qui n’enlève rien à l’intérêt de cet ouvrage qui a suscité selon l’auteur « un succès convivial » à sa première édition en générant moults réactions; on espère qu’avec cette seconde édition de La Musardine, de nombreuses autres lectrices feront de cette caresse interdite, une véritable transgression et une audace sulfureuse, avec amour, car dixit l’auteur « une femme amoureuse est la meilleure des suceuses ».

De la fellation comme idéal dans le rapport amoureux
Gérard Lenne, Réédition de La musardine, Collection l’Attrape-corps. Janvier 2008

Cet article est paru en Kiosque dans le Magazine des Livres de Mars 2008 - Copyright Katrin Alexandre

La complainte du mal-aimé # Chronique 18

« Vivons, ma Lesbie, aimons nous… ».

Nous pouvons tous nous reconnaître, amoureux transis, dans les aléas de la passion que Catulle décrit dans ses « Poèmes à Lesbie » : le choc du premier amour, la folie des baisers, les impatiences, les jalousies terribles, les ruptures et réconciliations.

Nous pouvons remercier Catulle lorsque nous écrivons une lettre d’amour car il fut brillamment l’un des premiers interprète du lyrisme amoureux, quelques cinquante ans avant J.C. En se faisant le chantre de l’amour malheureux, il devient le précurseur de l’élégie latine. « En proie à mille fièvres », le poète exprime une plainte douloureuse aussi mélancolique que romantique. En prenant comme matière première de sa poésie sa vie, ses sentiments et ses tourments, il est l’un des premiers à mettre à nu son intimité, et à donner une dimension psychologique à l’amour.

Catulle Honorons aussi Lesbie, cette « lionne aux gorges de Lybie », célèbre par sa beauté et ses mœurs libertines, mariée mais infidèle, cette « catin sans foi » qui fit de lui un jouet et ravit tous ses sens, durant environ quatre ans. Sans elle, les femmes seraient restées éternelles mineures et sans âme. Car paradoxalement, malgré tous les maux que Lesbie lui fait subir, en écrivant son amour pour elle, Catulle est l’un des premiers poètes latins à accorder une âme à cet étrange objet du désir qu’on appelle une femme, en invoquant à travers elle l’amour éternel.

Pour la première fois dans l’Histoire, l’homme romain n’est plus un  « paterfamilias », ce chef de famille qui commande à sa femme. La passion pour une femme n’est plus dégradante, ridicule, indigne d'un homme libre et d'un citoyen romain. Il se laisse dominer par ses sentiments ; la femme devient une muse charnelle et sa jalousie terrible explose contre ces « galants de rue », ces « amants indignes », « ces gueux dans tes bras ». Bien malgré lui, il devient l’esclave amoureux, « servus » d’une femme, « domina ».

Mais si Catulle se complait dans le rôle du mal aimé, il n’en est pas moins un oisif cultivé, amateur de beaux éphèbes et « chastes adolescents », tel Juventius aux « doux yeux de miel », et de courtisanes comme Ipsitilla à qui il promet « neuf assauts de suite et pour un long plaisir ». Il aime avec ses mots « faire tâter de sa virilité ». Il saupoudre sa poésie de plaisanteries et d’allusions salaces à la gloire de « l’ obscène Priape ». Il clame tout haut que les vers n’ont pas besoin de décences : « il leur faut pour avoir du charme et du piquant, la langueur, l’abandon , le pouvoir provocant  d’exciter le prurit des passions ardentes ».

Dans ses « Poèmes à Lesbie et autres poèmes d’amour », on découvre un poète latin aux talents poétiques extrêmement variés. Romantique avant l’heure – tel un Musset ou un Chenier, tragique - comme un Racine,  érotique - précurseur de Martial et Ovide et dont le poème célèbre des « cents baisers, et puis mille, et puis cent » inspirera sans nul doute Ronsard et Louise Labbe. En étant le sujet de son œuvre, Catulle est novateur pour son temps. En faisant du poème l’un des tout premier discours amoureux, il trace en poésie le chemin d’un éducation sentimentale sur lequel nous pouvons tous nous retrouver. Car même s’il déclare à Lesbie que « Dans le mal tout entier, il me faudra t’aimer », et qu’il lui sera donc difficile de triompher de sa passion, nous ne pouvons qu’aimer l’œuvre de ce jeune Catulle (tout juste âgé de vingt ans) devenu homme accomplit grâce à la poésie et à  l’amour.

Catulle, « Poèmes à Lesbie et autres poèmes d’amour ». Mille et une nuits, Octobre 2007

Cet article est paru en kiosque, dans le Magazine des Livres de Janvier 2008, par Katrin Alexandre - 2008 Copyright

Petit dictionnaire d'esthétique et Cie #2

Pubis_mendell Légère ouverture: "On sait que c'est. On sexe est. Le pronom on designe le sexe et avait la valeur de en, en ce lieu, en ce l'Yeu, en cet oeil-là. Le sexe se présente sous forme d'yeu ou d'oeil. Ce fut un légère ouverture". J.P. Brisset (La grammaire de Dieu).

Photo: Mendell & Oberer, 1994

Note: Le pubis en forme de croix fut un thème très exploité par les surréalistes autour des années 1930.

Petit dictionnaire d'esthétique et Cie #1

{de ces années là (1929-1934), Bataille, Queneau et les autres - Extraits}

BATAILLE: - " abattage d'humain bétail" (Miche Leiris, Glossaire: j'y serre mes gloses)

COCHON: - Sur ces photographies jaunies datant de 31, ils (Max morise, Raymond Queneau, Sylvia et Georges Bataille) LES regardent. "Il est impossible de s'agiter autrement que comme un porc quand il bafre dans le fumier et dans la boue en arrachant tout avec le groin et que rien e peut arrêter une répugnante voracité" (G. BAtaille, Le jeu Lugubre).

Porc

PORC, PORCHERIE - Vautré dans la boue, le porc est bien evidemment un symbole érotique et la porcherie l'un des hauts-lieux de l'imaginaire et de la rêverie humaine. Le massacre rituel des porcs, tels que les sociétés primitive le connaissent, mêle un double rictus de peur et de plaisir.

Extraits du livre "Georges Bataille et Raymond Queneau pendant les années 30-40" par Jean-Piel.

Miroslav Tichý

Le Centre Pompidou présente pour la première fois en France l'oeuvre photographique de l'artiste tchèque Miroslav Tichý qui révèle un talent singulier, marginal et monomane, aux images inclassables et intemporelles.

Miroslav_tichy

" Ses images, réalisées de manière instinctive ou mécanique avec des appareils bricolés, des optiques approximatives, proposent une vision extraordinaire d'une réalité érotisée et fantasmatique, mi réelle-mi onirique: femmes à la piscine, femmes dans la rue, femmes en intérieur, ou saisies sur des écrans de télévision, constituent son sujet unique et obsessionnel. Les images tirées et agrandies par ses soins sont souvent ensuite retouchées, montées et encadrées sur des matériaux pauvres, journaux, cartons, et parfois ensuite abandonnées plusieurs années dans son atelier. Sous ou sur-exposées, rayées, floues, déchirées, tachées, elles révèlent néanmoins un artiste inclassable, marqué par de fortes influences picturales classiques mais dont la méthode s'apparente parfois à certaines pratiques amateur et de l'art «outsider»."

Voir le site de l'artiste Miroslav Tichy

Exposition au Centre Pompidou, Galerie d'art graphique du 25 juin - 22 septembre 2008

Péchés de Compostelle # Chronique 17

C’est l’été, sea, sex and sun !

Mais si vous pensez que la drague sur les plages est devenue d’une banalité affligeante, il est peut-être temps de changer radicalement de proie et de terrain de chasse. Etienne Liebig, héros malgré lui de son odyssée livresque et désopilante « Comment draguer la catholique sur le chemin de Compostelle », nous engage corps et âme sur un chemin de pèlerinage (pas très catholique) de Vezelay à Compostelle, loin des sentiers battus et rabattus.

Draguer_la_catholique Muni de sa besace et de son pantalon à grosse côte, Etienne  prend la pari de « combattre l’esprit sans la chair » au cœur de ce pèlerinage qui « perpétue l’archaïsme de la pensée et de la soumission ». Son projet : étudier dans le menu détail la catho de gauche, la catho bourgeoise, ou intégriste ou gentille et « divulguer ses observations avec un maximum de rigueur scientifique ». Son luxe  et son défi : jouir « avec celles qui sont le faire de lance de la propagande » et « des oppressions sexuelles et religieuses ».

Le voilà donc tout frais, vaillant et hardi à Vezelay, car on y trouve « les catholiques les plus ferventes ». Sa tactique est bien rodée : approcher un groupe de pèlerins et vivre au rythme de cette communauté en marche. Il jette son dévolu sur un groupe de deux hommes et trois femmes – la blonde aux formes généreuses à la Botero, la femme mariée bourgeoise, la grand fille plate brune  - avec lesquelles il compte bien festoyer les unes après les autres, même si elles semblent des forteresses imprenables.

Le décor planté, il ne vous reste plus qu’à attendre avec ferveur « la scène croustillante pour laquelle vous avez acheter ce livre ». Entre temps, vous aurez tout loisir de rêver, Messieurs, aux pénitentes perverses qui se caressent longuement sous un christ en buis et Mesdames à vos fantasmes de perdition, d’abdication totale au Principe Supérieur, et de rédemption.

Grâce à un scénario judicieusement ficelé et haletant, notre pèlerin lubrique excite avec brio notre imagination en nous faisant passer par de longues marches dans le désert et ô miracle en nous donnant à voir par la fenêtre du confessionnal des scènes torrides à haute tension spirituelle ! Scènes de recueillement, d’apparitions et d’adorations très érotiques sous un Dies Irae ponctuent ce récit à l’humour décapant, avec en prime de nombreuses réflexions érudites et sociologiques sur ce lieu culte de pèlerinage de la Chrétienté. Rien de tel que ce livre pour mettre votre foi à l’épreuve, au risque de se damner ! A mettre dans votre valise, pour jouir sans modération !

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle de Etienne Liebig. 2007, La Musardine

Cet article est paru sur le Magazine des Livres Juillet/Aout 2007 - Copyright Katrin Alexandre

Point G

Non, je ne vous dirais pas comment trouver votre Point G ou celui de votre partenaire! "POINT G" est l'excellent Centre de ressources sur le genre de la Bibliothèque Municipale de Lyon.

Point_g

Le Centre a pour objectif de rassembler un ensemble documentaire ciblé sur les questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle. Elle propose un fond "genre et sexualités" dans le but de "préserver une mémoire lesbienne, gay, bi, trans, queer, intersexe…"

Follement_gay Vous pouvez consulter des conférences téléchargeables en ligne, une superbe exposition "Follement gay" et un dossier d'actus sur l'homophobie. Par ailleurs, vous trouverez de nombreuses ressources documentaires ainsi qu'un bibliographie sélective réunissant des livres abordant l’orientation sexuelle, l’homoparentalité et le sida pour la jeunesse.

Drôle d'inventaire

Je suis restée bêtement restée en arrêt devant cette source bibliographique...

Inventaire_anal1

C'est peut-être mon esprit un peu trop porté sur la chose qui me joue des tours. Cela vous donne peut-être des idées?

Les news de la Collection Folio - Gallimard

newsletter Folio


Je suis ravie de découvrir le nouveau site Folio des éditions Gallimard, qui lance sa Newsletter Folio sur l'actualité de ses collections.

A cette occasion, je vous invite à vous y inscrire; vous pourrez peut-être gagner un exemplaire du livre "Entre les murs" de François Bégaudeau dont l'adaptation cinématographique a été primée à Cannes cette année.

Le site offre à voir les livres des éditions Folio à paraître, les nouveautés et une recherche par collection Folio. Vous pouvez aussi entrer dans les coulisses de la création en visionnant les entretiens de vos auteurs préférés ou de leurs éditeurs. On y trouve aussi des actualités et des Grands thèmes, parmi lesquels celui de l'Erotisme; parmi mes favoris (qui sont tous dans ma bibliothèque):

Folio_lady_chatterley L'amant de Lady Chatterley de D.H Lawrence que je relis et relis souvent, tant la sensualité et l'émotion transpire de ce livre et qui fut un de mes premiers émois littéraire érotiques...

Folio_pascal_quignard Le sexe et l'effroi de Pascal Quignard, dont vous pouvez lire un ancien de mes articles ici

Folio_louis_calaferte La Mécanique des femmes, le brûlot de Louis Calaferte qui est un petit diamant brut de fulgurance érotique (voir l'article dans ma bibliothèque qui lui ait consacré)

Folio_paul_verlaine Chansons pour elle et autres poèmes érotiques de Paul Verlaine dont je parle aussi ici.

Parmi les nouveautés, je vous propose trois livres dans un esprit libertin et romantique:

Folio_louvet_de_couvray Les Amours du chevalier de Faublas  de Louvet de Couvray  (Folio Classique) qui dans un style vif, drôle et pétillant, vous emmènera dans les aventures amoureuses - et quasi comiques - d'un libertin du XVIIIème siècle.

Folio_madame_aulnoy Contes de fée de Madame d' Aulnoy (Folio classique) vous séduiront avec ses palais enchantés, ses créatures féeriques et ses animaux fabuleux. Une occasion de redécouvrir ses contes de fées audacieux qui étaient bien, au début, destinés aux adultes et étaient écrits avant tout pour divertir la cour.

Folio_de_nerval_pandora Pandora et autres nouvelles de Gérard de Nerval. «Le rêve est une seconde vie.» Dans les brumes de Vienne, le poète erre dans une ambiance mystérieuse, à la recherche d'une femme, Pandora, entre rêve et réalité.

Article sponsorisé

Du hamac d'amour et autres polissonneries {pour curieux amateurs de littérature}

C'est en furetant sur L'Alamblog que j'ai découvert ce dessin insolite de Jean-Jacques Lequeu, architecte du XVIIIème siècle, nommé "La guinguette et le hamac d'amour", comprenons "Guinguette de l'entrée du petit bois admirable"  {Ce hamac d'amour est dans le petit jardin de voluptés des plus agréables }

Lequeu_guinguette

Ni une, ni deux, me voilà aiguillée par le Préfet Maritime, alias Eric Dussert sur Gallica à la recherche de ce hamac et je l'espère secrètement, d'autres petites curiosités architecturales. Le résultat de ma recherche a défié toutes mes espérances. Me voilà nez à nez avec de curieux "cratères" de jeunes filles dans des "conjonctures de Vénus" assez particulières...

Lequeu1

[ Age nubile]

Lequeu107

[Un autre cratère d'une fille adolescente dont on voit la pureté virginale]

Lequeu107_2

[Jeune cou (con) dans une attitude des conjonctures de Vénus]

Lequeu109

[ Action des parties sexuelles d'une fille qui veut concevoir pour enfanter : elle était alors dépucellée ]

Lequeu110

[Cratère d'une fille adolescente animée de désir déréglé : elle est couchée sur le dos les deux cuises [sic] levées et bien ouvertes, de manière qu'on voit le pucellage forcé]

De quoi commencer, pour les amateurs, un joli catalogue de cons!

                                               ********

Je vous invite, et même je vous commande d'aller voir le blog L'Alamblog d'Eric Dussert, trublion éclectique et passionnant du monde de l'édition ( L'esprit des Péninsules, Serpent à plume, Phébus), qui lutte sans merci contre l'oubli d'auteurs oubliés, et ô combien honorables! L'Alemblog est la resurrection "virtuelle" de la très "atypique, nécessaire et gratuite" revue L'alambic, destinée aux "curieux amateurs de littérature", qui renait par ailleurs aussi en version papier sous la forme d'une collection pour les éditions l'Arbre Vengeur. Pour la petite histoire et voir la "Bibliographie exhaustive de la collection l'Alambic", c'est ici. Pour une autre entrée, allez voir du coté Du métier d'écrire des polissonneries.

Plume, encre et travail...

Balzac

avec amour...

Photo Katrin Alexandre

L'enfer de Sodome # Chronique 16

« La clameur de Sodome et Gomorrhe est venue jusqu’à moi ! » s’écrie Yavhé dans la Génèse, et elle continue à venir jusqu’à nous, cette clameur qui malgré les siècles n’a toujours pas échappé à la vindicte publique et à moults jugements la considérant comme une perversion.

Sodomia_2Mais si l’on considère d’une part le traité « De Sodomia » écrit par le Père Louis Marie Sinistrari (1632-1701) prédicateur et inquisiteur de l’ordre  des Franciscains, extrait de son grand œuvre de « De Delictis et poenis » (1754) où toute sa fureur se déchaîne contre cette «abominable dépravation », ce « vice si infâme», «ce crime abominable entre tous», et d’autre part les pratiques et le traitement de la sexualité anale dans la littérature, le cinéma, et l’art d’aujourd’hui, nous pouvons nous apercevoir du pas de géant qui a été fait.

Le psychanalyste Roger Dadoun, en se penchant sur ce texte original exhumé de l’Enfer de la Bibliothèque Nationale de France par les éditions Manucius et que l’on peut lire intégralement dans le livre, offre un éclairage érudit sur « l’ombre pestilencielle de Satan », - les origines du « satan-anus » (la satanale) - qui se projette sur la conception sodomale et infernale de Sinistrari, tout en développant  par ailleurs avec brio ses « utopies sodomitiques ».

On peut se demander en effet, pourquoi il existe tant de haine exercée contre « ce minuscule et très humble anneau qu’est le sphincter anal, niché en un point quasi inaccessible du corps ? ». La doctrine de Sinistrari en est la représentation parfaite. Son objectif est simple : à l’usage des confesseurs, sa doctrine doit leur permettre, en définissant la nature exacte du délit de sodomie, de connaître « ce crime », d’en apporter la preuve (par des témoignages, osculation du corps par des accoucheuses, aveux par la torture)  et de proposer un tableau des peines appropriées pour régler son jugement (flagellation, supplice des fourches, supplice du feu, bûcher et pendaison).

Notre apprenons donc que la sodomie est « le coït dans le vase postérieur », avec nécessité de l’introduction du membre dans l’anus et la sémination. Notre étonnement est grand quand nous lisons que « le crime sodomitique a été apporté au monde par les femmes » et « qu’une véritable sodomie se commet entre femmes ». « Or comment une femme peut-elle s’accoupler avec une autre femme, en sorte que se frottant ainsi l’une contre l’autre on puisse dire qu’elles exercent la sodomie ? » Alors Sinistrari développe dans le menu détail  les pratiques de ces « fricatrices ou tribades » qui utilisent pour le coït les godemichés et surtout sa condamnation totale de cette« douceur d’amour » ou « taon de venus » qu’est le clitoris, qui chez certaines femmes par son aspect démesuré (« grand comme le doigt median de la main ») devient une mentule virile permettant la sodomie avec sémination !

Il n’en reste pas moins, que malgré cette condamnation dictatoriale, misogyne et extrême du plaisir féminin, « le nœud » du problème reste l’anus. Alors, Roger Dadoun l’explore méthodiquement en se basant sur sa thèse du « satan-anus » hanté par le Vade Retro Satanas - « Va-t-en, arrière de moi, Satan » et la prédication violente luthérienne. La lecture est jubilatoire quand dans ses « utopies », il entrecroise « la diagonale de l’anal » rose et noire, qui n’est autre que la lutte intestine d’Eros et Thanatos. Nous rencontrons alors, versant noir, le« celeste anus immense » de Lautréamont,  l’Enfer de Jérôme Bosch plein d’anus percés, la contre-utopie d’un Marquis de Sade, les hordes nazies faisant d’Auschwitz «l’anus du monde», l’empereur sodomite Heliogobale, l’Anus solaire de Bataille ; versant rose – l’anus adoré de Rimbaud, les exquis sonnets du fouteur Arétin dont Sinistrari dû certainement subir les coups de flèches, la grande utopie du « Nouveau monde amoureux » de Charles Fourrier.

Avec ses « Utopies sodomitiques », en resituant l’anal dans l’héritage spirituel des écrivains et des peintres, Roger Dadoun nous invite a avoir plus de considération pour cette partie anatomique qui fait partie intégrante de notre constitution libidinale et psychique, et surtout, loin de Sinistrari, il utopise une humanité plurielle reconnaissant toutes les passions et les penchants amoureux. Finalement, cet essai – dixit une note de l’auteur concernant le Canard enchaîné qui évoque la Rrose Sélavy de Robert Desnos  – se penche sur « l’insoluble mystère du rapport entre « Le trou du culte et le culte du trou », et c’est vraiment brillant !

Roger Dadoun / R.-P Sinistrari d'Ameno « Utopies Sodomitiques (Diagonales de l'anal) / De Sodomia (Exposé d'une doctrine nouvelle sur la sodomie des femmes, distinguée du tribadisme) ». Editions Manucius, Nov 2007

Cet article est paru dans le Le Magazine des Livres , en kiosque en Janvier 2008 - Copyright Katrin Alexandre

L'enigmatique figure

Je suis peinée d'apprendre la disparition de Dominique Autié, qui nous a quitté le 27 mai dernier. Auteur, éditeur qui dirigea les éditions Privat puis cofondateur des éditions InTexte, il fut l'infatiguable amoureux passionné fou des mots et des livres, qui lorsque je fis de secrets passages sur son Blog éveilla ma conscience et m'emerveilla par sa plume magistrale et son erudition sensible...

Dominique_autie

Je vous invite à suivre le sillon qu'il laisse, par là, pour parler de l'amour des livres (un texte qui fait un echo singulier à mon post d'hier).

De l'amour du livre

"On nait bibliophile ou amoureux du livre; les meilleurs homélies ne changeraient rien au caractère. Le premier est un gourmand, quasiment glouton, friands de mets chers, recommandés, mis en montre; l'autre, un gourmet qui goute et ne mange qu'à son appetit, même des plats très simples".

Fragonardwoman

[ Des livres modernes qu'il convient d'acquérir par Henri Bouchot, 1891]

Lectrice de Fragonard

De l'obscénité

{Comment on apprend que Aphrodite de Pierre Louys est "une ordure", que Guy de Maupassant était un fieffé "pornographe" et que "L'art d'aimer" de Ovide a fait beaucoup de mal à la jeunesse }

Dans le Mercure de France de 1908, La Ligue pour la Liberté de l'Art adresse aux gens de lettres et aux artistes une circulaire dont voici les principaux passages.

****

Paris, le 15 juin 1908.

Monsieur

Vous n'ignorez pas qu'un Congrès international contre la Pornographie a tenu ses assises à Paris, les 21 et 22 mai derniers... Nous croyons devoir appeler l'attention des hommes de lettres et des artistes sur une des résolutions prises par ce Congrès. C'est pourquoi nous avons l'honneur de vous faire savoir que le Bureau international d'information contre la littérature immorale, siégeant à Genève, a reçu la mission de fonder une "Union internationale de toutes les sociétés contre la pornographie".

Le but de cette Union est simple : Informer, c'est-à-dire dénoncer. Grâce à l'Union internationale, toute œuvre pornographique sera dorénavant, dès son éclosion signalée aux sociétés anti-pornographiques du monde entier, en sorte qu'elle pourra être poursuivie, condamnée ou interdite immédiatement, non seulement dans son pays d'origine, mais aux quatre coins du monde.

La Société des Gens de Lettres (de Paris) ayant apporté son adhésion solennelle au Congrès international contre la pornographie et, conséquemment, ayant approuvé l'extension des pouvoirs du Bureau international d'Information (de Genève) on peut, sans doute, avoir toute confiance dans ledit Bureau international pour faire respecter partout les droits de l'art français. La pornographie, seule, est visée cela est évident. Mais encore faudrait-il savoir exactement ce que c'est que la Pornographie. A défaut d'une définition précise que le Congrès ne nous a pas donnée, nous trouvons dans les rapports des Congressistes de précieux renseignements. En sachant ce que l'on condamne aujourd'hui, nous pouvons deviner ce que l'on condamnera demain.

Lisons donc ces rapports :

M. JOSEPH PAPPERS, instituteur à Cologne, premier secrétaire de la Fédération des Sociétés masculines contre la pornographie, déclare qu'en Allemagne c'est surtout la "Science qui sert de manteau à l'impudeur" (Rapports sur l'état de la pornographie dans chaque pays et sur sa législation, page 5).

M WILLIAM COOTE, secrétaire de la Littérature immorale et de la Législation (!) de Londres, s'enorgueillit, au nom de la National vigilance Association, d'avoir arrêté et fait condamner les traductions de Zola et de Maupassant (id., pp. 22 et 23).

M. JOSEPH CELS, de Bruxelles, secrétaire général de la Ligue belge contre la licence des étalages et de l'immoralité (sic), déclare obscène "la représentation par l'écrit, par l'image ou par le geste, de tout ce qui peut éveiller les passions sexuelles ou provoquer des curiosités malsaines" (id., p. 32).

Cette "définition" de l'obscénité a permis à la Ligue dont M. Cels est le secrétaire de faire interdire en Belgique de nombreux livres et de nombreux journaux français (dont le Rire et la Vie Parisienne) et de faire saisir, ces jours derniers, les publications pornographiques suivantes :Aphrodite, de Pierre Louys ; Claudine à l'Ecole, de Willy ; Une Passade, de Pierre Veber ; l'Art et le Beau, de Louis Legrand ; les Dessous de Bruxelles, de Maurice Saye ; les Images galantes, de John Grand-Carteret ; ainsi qu'un grand nombre d'œuvres de Paul de Kock, Armand Silvestre, etc. (Le Journal du Matin, de Bruxelles, 25 mai 1908).

M. BÉRENGER, de Paris... Mais tout le monde connaît son œuvre... C'est par ses soins qu'ont été condamnés ou poursuivis Jean Richepin, Paul Adam, René Maizeroy, Catulle Mendès, Raoul Ponchon, Oscar Méténier, Hugues Delorme, Lucien Descaves, Willette, Louis Legrand, Forain, Louis Morin, Jean Veber, Steinlen, et cent autres...C'est par son omnipotence dirigeant les lois répressives et supprimant les lois de liberté (notamment la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la Presse) qu'une dizaine de "petits" journaux sont interdits dans certaines gares, en même temps que quelques livres parmi lesquels Tigre et Coquelicot, de M. Charles-Henry Hirsch, et Une vie, d'un certain pornographe déjà condamné eu Angleterre : Guy de Maupassant. (Bien que ces faits soient de notoriété publique, il est évident que la Société des Gens de Lettres les ignorait. Elle ne connaissait M. Bérenger que comme auteur de la fameuse loi de sursis — qu'il n'a pas inventée, du reste.)

M. REGOUT, député, délégué de la Société hollandaise pour l'honneur et la vertu estime obscènes "les dessins dans le genre de ceux qui se trouvent dans le Rire et le Deutsche Zitz-Hatt et les écrits de même nature". Des pièces comme Vous n'avez rien à déclarer, ou die Dame von Maxim, sont, pour lui, "d'une obscénité incroyable" (id., p. 42).

M. le Professeur RODOLFO BETTAZZI, de Turin, s'est adressé au procureur du roi "pour obtenir qu'il ne permît pas l'exposition des plus sales vignettes de l'Asino" (id., p. 49). Il est bon de dire que l'Asino est un journal exclusivement satirique anticlérical.

Enfin, M. JÉROME PERINET, de Genève, président du "Bureau international d'information contre la littérature immorale" dont nous parlons plus haut, s'exprime ainsi :"Tous les livres obscènes publiés en France, en Allemagne, en Autriche, en Italie, nous arrivent en Suisse et remplissent nos kiosques. Les plus mauvais, nous obtenons encore de les faire ôter de la montre, mais de nouveaux apparaissent aussitôt, plus nombreux et pires que les autres. C'est ainsi que vient d'apparaître en montre, partout, un volume à 95 centimes de la "Modern-Bibliothèque" : La leçon d'amour dans un parc, etc. Cette édition illustrée à bon marché fait beaucoup de mal à la jeunesse. Paris-Galant, Aphrodite, les Aventures du roi Panzoles (sic), l'Art d'aimer, d'Ovide, etc." (id., p. 53).

Et, plus loin (p. 54), à propos de théâtre :"Nous avons en Suisse, bien souvent, des troupes de passage qui nous apportent sur la scène des pièces ignobles, comme celle que l'on joue en ce moment à l' "Espérance" : Amour et Cie. Ce n'est pas de l'obscénité, c'est de la cochonnerie toute pure, et il y a chaque soir salle comble. Nous nous sommes plaints à la police. Quand une pièce est connue pour être immorale, les comités différents en réfèrent aux autorités compétentes et obtiennent souvent ce qu'ils demandent. C'est ainsi que le comité de Lausanne a fait cesser dernièrement la représentation d'Education de Prince. Sur la demande de la municipalité la direction du théâtre a supprimé les représentations de cette pièce et les a remplacées par d'autres."

A quibusdam disce omnes.

Nous avons intentionnellement puisé nos exemples dans les rapports écrits de Messieurs les Membres du Congrès international contre la Pornographie. Nous compléterons bientôt cette énumération, d'après les déclarations verbales tombées de la bouche des orateurs, au cours des quatre séances qu'a tenues le Congrès. Mais il fallait que l'on sût, tout de suite, que l'œuvre de ces Messieurs va se continuer désormais, et que les Sociétés anti-pornographiques du monde entier ont décidé d'obéir au mot d'ordre lancé de Genève. Il fallait que l'on sût qu'Education de Prince est une saleté, qu'Aphrodite est une ordure, et que la Morale, dès aujourd'hui, condamne tout cela.

Que ne condamnera-t-elle pas demain ?

P.-S. — Pour les artistes qui croient encore que les Ligues antipornographiques ne poursuivent que la pornographie et qu'elles respectent l'Art, citons cet extrait du rapport de M. Joseph Pappers (pages 13) :

"Pour déclarer qu'une chose est obscène et par conséquent de nature à blesser la morale en général, le juge doit s'inspirer du sentiment du peuple avec lequel il a au moins autant de points de contact que l'artiste. L'artiste qui, par profession, s'occupe de nudités, n'est peut-être pas choqué par des illustrations de ce genre. Mais son opinion ne saurait influer sur le prononcé du jugement. On ne peut pas non plus faire entrer en ligne de compte qu'une illustration est exécutée d'une façon artistique. En dépit de l'art, et souvent même à cause des raffinements artistiques d'une œuvre, le sujet de cette dernière peut agir sur les sens de la façon la plus pernicieuse.On ne peut dire combien les appréciations favorables des artistes ont déjà causé de mal." M. Bérenger avait déjà dit : L'art n'est pas une excuse.

L'adresse de la Ligue est 111, avenue Victor Hugo-Paris.

Le Nouveau Nouveau Magasin d'Ecriture

Cela fait déjà un petit moment qu'il est sorti, mais ce livre a rejoint enfin ma petite bibliothèque et j'en suis folle! C'est le Nouveau Nouveau magasin d'écriture de Hubert Haddad aux éditions Zulma.

C'est une monstrueuse, une gigantesque, une encyclopédique machine à rêve,

une folle, foisonnante, érudite fabrique d'imaginaire,

un hallucinant, somnambulique, nocturne monde de fantaisie et d’étrangeté.

Magasin_ecriture

Plus de 600 pages surchargées élégamment de gravures et de textes, comme autant d'appel à la lecture et surtout à l'écriture, pour tous ceux que la page blanche rend frileux ou pour "les fous littéraires" qui veulent explorer de nouveaux territoires de la langue, de la fiction et du récit.

Car si Hubert Haddad convoque Lautréamont, Rimbaud, La Fontaine, Proust, Emily Bronte, Kafka, Borges, etc., une multitudes de peintres et graveurs de l'art symboliste, fantastique ou baroque, des botanistes, des inventeurs, des grands voyageurs, astronomes ou architectes visionnaires, son propos reste  d'explorer les secrets de la création littéraire.

Il nous invite en permanence à suivre ses petits cailloux de mots et d'image, il nous suggère des pistes d'écriture, nous guide à travers certaines méthodes et nous pousse à élargir nos horizons métaphoriques et analogiques.

Ce gros livre est un cabinet de merveilles! Un objet littéraire non identifié a découvrir d'urgence!

Dans mon jardin...

Ame_jeune_fille

Le bric à brac de l'amour

Merci, merci, merci! A ces bloggeurs étudiants en Master Professionnel d’Édition qui ont résolu de nous dévoiler les oeuvres méconnues d'auteurs tout aussi méconnus, en prenant le parti d'exhumer "les vieux cochons", "comprenez: les écrivains grivois en déperdition".

Pour ce faire, chacun édite en ligne, dans un format blog, à grand renfort d'illustrations et de notes explicatives, les oeuvres ci-nommées, que je vous invite vivement à découvrir:

Cythère, dix minutes d'arrêt de Léon Valbert

Fleurs d'adultère de Aurélien SCholl

La traite des Blanches de Jean-LOuis Dubut de La Foret

Nouvelles érotiques d'Armand Sylvestre

Un amour platonique de Paul Alexis

Le mâle de Jacques d'Adelsward-Fersen 

Paris un de plus de Delord - Frémy - Texier 

Nouvelles érotiques de René Maïzeroy

Je vous laisse le meilleur pour la fin: Le bric à brac de l'amour de Octave Uzanne.

Octave_uzanne

Celui-là, il a du rose dans la plume, son style a du colori, il nous fait frétiller de la nuque au talon...

ce passionné de la femme et des fanfreluches, cet homme du XIX siècle qui rêve encore du XVIIIème et des moeurs libertins raffinés, je l'adore!!!

Du bordel en peinture (2) # Jules Pascin

Poursuivons notre plongée dans "L'enfer" de la peinture, à la fin du XIX siècle et début du XXème...

Voilà Jules Pascin qui se nomma lui-même "le proxénète de la peinture", tant il retranscrit dans ses peintures la bohème de Montparnasse et Montmartre, "ses mauvaises fréquentations" et la libération des moeurs qui gagne les Années Folles.

Il mène une vie dissolue, fréquente avec assiduité les maisons closes où il couvre ses carnets de scènes de vie nocturnes et de nus.Tel un Toulouse Lautrec, il capte, avec son trait de caricaturiste vif et tourmenté ( à la manière des expressionnistes allemands EGon Schiele ou d'Otto Dix), à la fois avec tendresse et cruauté les contours troubles et voluptueux de ses modèles, des filles de joie, des bourgeoises et sa femme.

Alors que ces croquis font scandale, il s'exclamera:
" Pourquoi une femme est-elle considérée comme moins obscène de dos que de face, pourquoi une paire de seins, un nombril, un pubis sont-ils de nos jours encore considérés comme impudiques, d’où vient cette censure, cette hypocrisie ? De la religion ?"

***

Vous pouvez découvrir dans la galerie Champetier cinq sublimes bois gravé et gravures, dont celle-ci "Les filles de la nuit". Par ailleurs, cette galerie défend l'art de l'estampe et du dessin et propose 271 catalogues raisonnés dans le monde de l'estampe ainsi que des oeuvres de plus de 250 artistes.

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Filles de la nuit. Gravure 1914/Circa 1980

La Galerie Roussard, specialisée dans les peintre ayant eu un atelier à Montmartre proposent quelques gravures.

Voir aussi des lithographies, peintures et aquarelles sur Graphic Witness, Lombersyl, la Galerie Museum Classica.

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Vénus et Cupidon,1906

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Le maitre et sa muse, 1906

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La chasse à la femme, 1913.

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Le modèle bien éduqué, 1914

Du bordel en peinture (1)

Non, l'art n'est pas chaste!

Vers la moitié du XIX siècle, de nombreux artistes prennent le parti de défendre les bordels, où ils trouvent l’antidote au "bon goût" et où ils peuvent s'exprimer en totale liberté, loin de l'emprise de la morale sur l'art. Malgré elles, les filles de bordels servent de tremplin à la licence graphique des peintres modernes.

Vers 1876, Huysmans dit "que les filles perdues", "ces divines gouges", "ces lamentables pompoirs" meritent toute l'attention car "elles foisonnent dans nos villes et y ont droit de cité aussi bien que les filles honnetes",

Dans "Le peintre de la vie moderne" (Au delà du romantisme, Ecrits sur l'art), Baudelaire pense que l'artiste moderne est en droit de porter un interet pour "ces escalaves qui sont confinées dans ces bouges souvent décorés comme des cafés; malheureuses placées sous la plus avare tutelle, et qui ne possèdent rien en propre, pas meme l'excentrique parure qui sert de condiment à leur beauté".

Bref, le bordel en peinture est un pied de nez aux conventions sociales.

Commençons par les précurseurs:

Rops_demangeaison Felicien Rops est le peintre précurseur de la prostitution moderne.

Dans les "Cent légers croquis pour réjouir les honnêtes gens" commencés en 1878 pour le bibliophile parisien Jules Noilly et qui furent menés en trois ans, jusqu'en 1881, il croque des moments d'intimité des prostituées dans la rue, dans le boudoir, dans le bordel

Voir Les cent légers croquis sans prétention du musée Felicien Rops

Flaner aussi dans l'album photo de Des Sens qui propose notamment un choix hétéroclite de peintures érotiques du XIX siècle.

Daumier1Honoré Daumier (1808 - 1879)

Connu pour ses caricatures, il excelle dans les scènes de moeurs, dont font partie ses lithographies de bordels.

Voir les plus de 4000 lithographies classées par thème, une exposition sur la BNF "Daumier et ses héritiers" et Les amis de Daumier.

Photo 1 - "Démangeaisons" de Felicien Rops

Photo 2 - "Ah! Séductrice, tu frottes la bosse à Mayeux" de Daumier

(A suivre)

Cet amour-là # Chronique 15

Pour Marina Tsvétaïéva dont l’âme, la vie et les écrits pourraient s’inscrire dans la constellation céleste des poètes martyrs russes, seul comptait la quête absolue, conquérante, indomptable de  la flamme de l’amour. Toute sa vie brûla de passions obsessionnelles et d’amours épistolaires qu’elle écrit avec sa voix sauvage et passionnée.

Marina_tsvetaieva L’amour entre femmes ne lui fut pas étranger, en vivant une courte et violente passion avec la poétesse russe  Sophia Parnok, puis une aventure platonique avec l’actrice Sophie Holliday. Mais c’est à la femme de lettre américaine Natalie Clifford Barney, ouvertement lesbienne et qui brilla dans le Tout Paris des années 30, qu’elle s’adresse dans sa « Lettre à l’amazone, mon frère féminin », en réponse aux "Pensées d'une Amazone" (1918) où l’insatiable  et conquérante séductrice (gratifiée de ce surnom d’ « Amazone » par l’élégant Remy de Gourmont, qui succomba à ses charmes hypnotiques) clame sa quête de beauté, de sensualité et de liberté sans entraves morales, dans ses amours saphiques.

A celle-ci qui n’éprouvait aucun besoin de maternité, Marina Tsvétaïéva lui demande simplement de l’écouter. « C’est une blessure droit au cœur que je vous porte, au cœur de Votre cause, de Votre croyance, de Votre corps, de Votre cœur ». Elle lui fait part de cette lacune immense dans son Livre: l’Enfant.

Cette lettre qu’elle écrit à Natalie C. Barney, dont elle se sent « proche comme tout être unique, et surtout comme tout être unique féminin » se déroule comme un conte d’amour, de vie et de mort, dédié à celle qui rencontre « une autre moi, une elle », « celles qui ont l’air le plus âme », à ces amantes éternelles qui n’ont que le présent de leur amour, et pas d’avenir. Car si deux femmes qui s’aiment forment un couple « d’entité parfaite », cette entité est « trop entière », cette « unité trop une ». « Le seul point faillible, le seul point attaquable, la seule brèche », c’est le besoin de l’enfant.

Alors dans le conte, il y a la jeune fille et l’aînée : il y a celle qui craint l’homme, allant vers la femme et voulant l’enfant, qui préfèrera quitter l’Aînée et aller vers l’Ennemi (l’homme), préférant l’enfant à l’amour ; il y a celle – « l’éternelle inféconde », « la race maudite » - qui dans la splendeur de sa maturité et sa vieillesse, « pure par orgueil », mourra seule et ne renoncera jamais à « la splendide noirceur, à la noire et ronde brûlure du feu de joie d’antan ».

Sans jamais mettre d’étiquettes en parlant de saphisme, de tribadisme ou d’homosexualité féminine, Marina fait de « cet amour-là » un amour universel. Cette lettre est un long poème superbe et poignant, où comme dans tous ses écrits, la poétesse rend inséparable l’écriture de sa vie. Car qui mieux que Marina Tsvétaïéva peut parler de la blessure de l’enfant, elle qui perdit sa fille Irina en 1920, morte de malnutrition ? Qui peut mieux qu’elle épouser la Cause de Natalie C. Barney, elle qui puisa toute sa force poétique dans l’adversité et voulut pour l’amour prendre tous les risques jusqu’à  faire ses épousailles avec l’impossible ?

Devant le sortilège de cette œuvre incandescente, jetée dans la tourmente de l'histoire, on ne peut qu’abdiquer à sa volonté forcenée de faire de l’Amour, entre exaltation et ascèse, un état de haute tension poétique. On ne peut rester qu’émerveiller, comme le dira Boris Pasternak de ses écrits, de « ce puits de force et de pureté ».

Marina Tsvétaieva, « Mon frère Féminin – Lettre à l’Amazone ». Le Petit Mercure, Mercure de France. Oct 2007

Cet article a été publié dans le Le Magazine des Livres en kiosque en Janvier 2008 - Par Katrin Alexandre Copyright

Soirée "Boudoir": conseils de séduction

Sexy_avenue

Saviez-vous que le boudoir était au XVIIIème siècle « la  chambre où l'on se retire pour bouder» ? Une petite pièce ornée avec élégance, à l'usage particulier des dames, et dans laquelle elles se retiraient lorsqu'elles voulaient être seules ou s'entretenir avec des personnes intimes. Mais bien sûr, elles y recevaient aussi leur amant, dans une tenue d’intérieur dite de « négligé » pour partager avec lui son jardin secret…

Sur une proposition de SexyAvenue, voici donc quelques conseils de séduction à l’usage des dames et demoiselles, dans une ambiance « boudoir », inspirés des codes amoureux de cette époque baroque et extravagante.

En ce temps là, les dames ne reçoivent pas dans leur salon, qui est souvent  une salle immense, mais dans leur chambre à coucher, « l’alcôve », qui favorise les discussions intimes. Cette habitude de recevoir chez soi un public choisi et de se distraire de cette façon se nommera "tenir" ou "faire" salon.

Telle la sulfureuse Ninon de Lenclos, à la manière « boudeuse », invitez votre amant à venir dans votre boudoir et "tenez salon". Vous n’avez d’autre but que de vous « délasser » et de passer un bon moment, en jouant avec les mots, les idées et les sens. Pour l’occasion, vous aurez aménager votre chambre de tentures et de rideaux dignes des milles et unes nuits, aux lueurs de chandeliers.

Soire_boudoir_kit_bed_of_roses_2 Vous avez répandu une pluie de pétales de roses parfumées sur le sol, une petite table et votre lit.

Soiree_boudoir_guepier_2 Vous recevez votre invité, allongée voluptueusement sur votre lit, dans une guêpière en dentelle et lacets noirs et rose, cachée sous un deshabillé raffiné, vos jambes sublimées de bas et d'escarpins. Vous lui demandez de s’asseoir à vos pieds et il doit répondre à votre conversation.

C'est vous qui mener le jeu! Vous aurez préparé pour l’occasion un sujet de discussion érotique qui fait débat, des lectures canailles, des poèmes amoureux ou bien des petits jeux d’écriture, butinés dans mon dico érotique ou ma bibliothèque, avec bien sûr de quoi réjouir le palais en boissons et friandises, avec notamment toujours sur SexyAvenue ce coffret de douceurs qui renferment des messages cachés pleins de surprises sensuelles.

Soiree_boudoir_osez_4 Vous pouvez lui proposer quelques jeux de société (cartes, dés, dominos, jeu de l'oie...) inspiré du livre Osez les jeux érotiques.

Soiree_boudoir_masqueEt pour le titiller encore plus, vous pouvez devenir sa lectrice particulière, le faire frissonner avec votre voix sensuelle et des mots trouvés dans la littérature érotique, réveiller ses fantasmes enfouis avec votre plume,  tandis que vous lui bandez les yeux avec ce masque , en dentelle et soie rose et noire. Jusqu'à ce que peut-être, ce soit lui qui vous mette au supplice avec ce bandeau, et vous deshabille avec ses mots, et bien plus...

Puis laissez vous porter dans un tourbillon des sens, où l'imaginaire reste le meilleur aphrodisiaque...

Article sponsorisé

Lectures, onguents et voluptés # Chronique 14

Ce beau coffret de « Nouvelles érotiques » composé de quatre textes inédits proposés par les Editions de l’atelier In8 est d’abord un délice pour les yeux et pour le toucher. On ouvre les quatre livrets aux pages satinées comme on ouvre un écrin ou le cœur d’une pivoine pourpre, excité par le mystère qu’ils comportent.

Coffret_erotique1

C’est délibérément que j’ai choisi de tirer au hasard, les yeux fermés, chaque livret, comme pour m’abandonner totalement aux mains de leurs auteurs. Mes doigts caressent le premier, celui de Claude Chambard, « La rencontre dans l’escalier ». Le hasard fait bien les choses, car dès les premières pages, je me sens comme Hortense, l’après-midi, calée dans « un fauteuil moelleux », dans un grenier entourée de milliers de livres, de tous formats et de toute nature, refuge hors du temps et de l’ennui où elle lit durant des heures. Elle est en haut, tandis que son amour, Clément est en bas, à l’étage, traducteur forcené, qui à force de se noyer dans l’écriture des autres (« des hommes invisibles, lointains ou morts ») en oublie ses propres désirs, se décharne et met en péril son couple. Entre eux, un escalier, comme un fil tenu que tout sépare et tout relie. Un fil tissant les voix de l’un et de l’autre qui se cherchent et s’interrogent sur leur amour. Un lieu où la nuit, une sorte de succube invisible et insatiable veille et se délecte de montrer à Clément le vrai visage de ses pulsions et ses obsessions, allant jusqu’à faire basculer sa vie « dans l’effroi et l’inconséquence ».

Telle Hortense, je rêve. « Je lis, je vis ». Elle lit des livres érotiques chinois. Des histoires où « la flûte » s’invite « dans la petite maison », distillant  de doux « parfums de miel et de jasmin, de lotus, de roses et de prunes ». Elle pourrait aussi lire, en plus de sa propre histoire, les trois autres livres que j’ai dans la main, lovée dans son fauteuil, dans la lumière du grenier, à oublier le temps.

Tous ont en commun l’amour de la langue faite chair et les « bruissements d’étoffes, de peaux, de douceurs ». Toutes leurs héroïnes sont des sentinelles et des initiatrices pour l’homme. Toutes, dans leur singularité, sont le flambeau du verbe. Hortense, avec sa sensualité étourdissante de liseuse, ouvre le chemin à la fascinante Olivia qui roule des mots occitans, en donnant « sa coda » au « chibre » de son amant. Il y a aussi la délicieuse et inquiétante Séraphine qui avec son maître joue du créole, pour rendre plus riche encore l’expression de leurs voluptés. Et puis voilà, celle qui raconte Lord et Sucia, qu’elle travaillent au corps et à l’âme en les mettant dans un bain intarissable de mots et d’obscénités. Toutes n’ont qu’une seule raison d’exister : jouir dans toutes les nuances de la langue.

Telle Hortense, je me laisse prendre par ces livres, ces pages, ces phrases. « J’ai la peau moite et quelques gouttes de sueur coulent sur mon ventre vers ma pivoine blonde . J’ai chaud et j’ai la chair de poule ». Olivia se tient là, dans les pages plus drues de Gérard de Loiès dans « Lettre à sa complice ». Elle revient hanter le narrateur, Pierrot, quinze ans après lui avoir tendu un guet-apens érotique des plus torrides, dans la cabine d’essayage de sa boutique, en plein été. Alors il lui écrit pour lui dire qu’il n’a jamais oublié. « Que reste-t-il de cette nuit ? J’aurai pu être ton homme, ton amant, ton esclave ». Esclave, il l’a été dès le premier regard, lorsque docile, il a laissé Olivia orchestrer de main de maitresse-reine leurs premiers ébats avec deux autre filles dans la fameuse cabine d’essayage. Mais la vraie rencontre se fait ailleurs, sur les bords de la Garonne, quand elle lui apparaît dans sa robe à fleurs, « tes jambes dans la lumière crue de l’été », puis lorsqu’elle lui donne son « corps frissonnant dans l’herbe ». Hortense et moi, nous nous laissons enrouler dans la chaleur tropicale sensuelle qui pénètre le corps du texte, nous savons combien « le vent chaud redoublait de brutalité, les peupliers chantaient des louanges ». Elle attend, elle lit, elle vit ;  je rêve comme Pierrot à une nuit d’amour et d’éclairs…

Hortense encore : « Je ferme les yeux. Je lis les yeux fermés. Je m’enroule dans ma lecture et dans mon désir ». Voilà les pages bruissantes et exotiques de « Séraphine la kimboiseuse » de Jacques Abeille. Séraphine l’antillaise vient  avec « tous les riches parfums du monde qui l’avaient vue naître, goyave et poivre, mangue et piment ». Alors qu’elle doit subir une flagellation (décrite avec une poignante insolence) pour un menu délit, elle est affranchie par le narrateur, un maître de plantation qui décidé d’abolir les châtiments corporels. Envoûté par l’aura et la beauté de la belle métisse rebelle et vindicative, le maître décide de l’héberger chez lui, en décidant qu’il ne cédera sous aucun prétexte à ses provocations sensuelles. Mais ce n’est sans compter sur les pouvoirs occultes et magiques de la belle « kimboiseuse » (« sorcière ») qui décide de s’abandonner à son sauveur, en lui prodiguant des soins « d’une suffocante douceur ». Son indécence naturelle, indifférente aux convenances et à la pudeur ébranle « les nerfs par tous le corps ». Malgré lui, le maître, sous le charme, voit la machine de son corps se dérégler. Pris d’une fièvre étrange, succombera-t-il aux « offrandes obscènes » de Séraphine et à « la senteur fauve, profonde, généreuse et vivace de son corps » ? Connaîtra-t-il les joies brûlantes de l’esclavage ? Sachez que cette lecture offre une cure de jouvence au désir érotique. Le soin, l’onguent des mots étreint et masse la lectrice que je suis presque aussi intensément que pourrait le faire mon amant.

Alors je me dis qu’il y a des lectures comme des voluptés de l’amour. Telle Hortense, dans son grenier, je me dis que la lecture  a aussi le pouvoir de soulager et redonner « des forces, puis des joies, du plaisir, du vrai plaisir, de la jouissance ». Le temps se distend, l’espace disparaît ; chaque page nous pousse à la fois au-dedans et au large de nous même, comme deux corps, qui plongés l’un dans l’autre, ne voient plus rien du monde qui les entoure et en même temps deviennent le cosmos même, étoiles et firmament.

C’est dans ce temps-là, « dans un temps convulsif et un espace démesuré, à la fois ouvert sans limites et très étroitement clos » que nous emmène Alina Reyes dans sa nouvelle inédite « Notre femme ». Sa langue d’emblée nous enfourche violemment l’oeil. Pantelants, elle nous met devant un miroir et nous commande de jouir les yeux ouverts, sans quitter des yeux notre reflet. Il y a Lord, avec qui la narratrice vit à la Villa Lucia, dans une station balnéaire déserte. Il est son homme, il est sa femme. Sa « bouche de méduses » aspire tout et enveloppe tout ; avec ses mots, elle le ventouse, elle ne le quitte pas des yeux, elle en fait son jouet. Elle le baigne de sa langue et de ses obscénités. Elle l’initie aux joies de la carotte et du godemiché vibrant. Elle se paie le luxe même de ramener à la maison – pour elle et pour lui - Sucia, une adolescente qu’elle rencontre à son cours de danse. Elle lui raconte ce qu’elle fait avec elle. Elle le « travaille » avec ses mots, avec Sucia, dans son corps et son âme. Jamais, avec Alina Reyes, la danse du désir ne cesse, même quand on croit qu’elle se termine. C’est un tourbillon qui ramène la vie du néant et de la mort, sa langue est une « jeu de marées insatiables, puissantes, bienheureuses », une ronde incessante et lancinante de mots pour jouir « sans jamais se lâcher des yeux, en se tenant par les yeux, en se transperçant par les yeux, en jouissant de nos yeux ».

Mon petit jeu de « l’aveugle » pour tirer au sort l’ordre de mes lectures m’a comblé mystérieusement, les yeux bien ouverts. J’aime que des livres  me métamorphosent en « liseuse », qu’aucun bruit de porte ne détourne et que seule une bougie consumée témoigne de la longue veille. J’aime que des livres m’enfouissent dans leur lit et m’invitent à un érotisme salvateur. J’aime quand par miracle, un brin de lumière se pose sur ma nuque – me rappelant les mains tendres de mon amant - alors qu’au même moment Hortense oublie le temps en lisant « La folle d’amour ». On oublie souvent de dire que la lecture est en elle-même est une affaire sensuelle, de corps, de désir. Tout, dans ce coffret de nouvelles érotiques, nous invite à faire de chaque lecture un moment propice à l’éveil de nos sens et à s’interroger sur « la chair » de la littérature.

Oui, comme nous commande Alina Reyes, sachons que « notre corps est un temple » et sachons que nous, lecteurs, nous pouvons « jouir de la chair et faire jouir la chair, nue comme venue au monde », nous pouvons jouir entièrement du Verbe ! Cette jouissance n’est pas forcément bruyante et haletante : elle est intime, silencieuse, elle nous isole le plus parfaitement des autres et paradoxalement nous relie à la communauté du monde, puisque potentiellement partagée par tous. Les auteurs de ce coffret érotique écrivent avec la langue de l’amour. L'érotique des mots répond au froissement des peaux, à l'urgence d'aimer. Vous ne pourrez  que lire ces nouvelles avec amour, simplement pour vous dire que vous êtes vivants et ressentir encore une fois l’intensité inouïe de la vie et du désir. Oui, je lis, je vis !

« Je me suis assise dans le fauteuil à oreilles, dans la lumière. J’ai ramassé la Folle d’amour. J’ai lu. J’ai lu. J’ai oublié le temps. Je lis ».

Article paru dans le Le Magazine des Livres en kiosque en Novembre 2007 - Par Katrin Alexandre Copyright

Nouvelles érotiques
Coffret érotique composé de quatre textes inédits

Notre femme, d’Alina reyes
Séraphine la Kimboiseuse, de Jacques Abeille
La rencontre dans l’escalier de Claude Chambard
Lettre à sa complice de Gérard de Loiès
Septembre 2007 aux Editions de l’atelier In8

Petite machine de mots aléatoires

L e S

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Copper Uppercase Letter D Awkward/Alone N glowing s

L E

card disc with push out letter b O U DSC_1227 Brass Letter O I R

J'aime les jeux de lettres et de mots, les graphismes impromptus... J'ai adoré cette petite machine aléatoire by Erik Kastner qui done à mes "délassements dans le boudoir" un genre plutôt rétro...

Ecoutez... C'est divin!

Corto Santi, athmosphères sonores et photographiques

Boudoir Lounge

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Amoureux Larcins

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